[Critique littéraire] Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur – Harper Lee

Auteur : Harper Leecouv-ne-tirez-pas

Edition : Editions de Fallois ( existe aussi chez le livre de poche )

Genre : Drame classique/ historique

Sortie : 1961 pour la première édition

Pages : 346

Prix : 19,80€ (ou 6,60€ en format poche)

 

Résumé :

Dans une petite ville d’Alabama, au moment de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Homme intègre et rigoureux, cet avocat est commis d’office pour défendre un Noir accusé d’avoir violé une Blanche. Celui-ci risque la peine de mort.

On va donc suivre ici l’histoire d’une jeune fille qui vit sa vie comme n’importe quelle autre petite fille de son âge. Toutefois, nous sommes aux Etats-Unis, en Alabama, dans les années 1930 en plein milieu d’un conflit autour de la ségrégation raciale. On va donc suivre Scout, qui va découvrir les subtilités et les injustices que lui réserve ce monde plein d’incompréhensions.

Cette histoire m’a vraiment beaucoup touchée. J’ai été absolument ravie de découvrir de l’intérieur une société inégalitaire, injuste, et socialement très différente de ce que l’on peut vivre aujourd’hui. J’ai adoré être dans ce récit, avec ces personnages, cet univers, cette époque.Découvrir cette mentalité qu’est le fait de rejeter les personnes noires parce qu’elles sont noires m’a vraiment énormément touché et intrigué.

Un des points les plus extraordinaires de ce roman est selon moi, la narration. Nous nous trouvons uniquement sous le point de vue de Scout. Ayant sept ans au début du roman ( il me semble), elle est totalement neutre, innocente et absolument sans clichés et préjugés.

Elle ne saisit pas bien les codes de cette société et voudrait comprendre le monde qui l’entoure. On la suit dans ces moindres faits et gestes, on n’a donc pas forcément accès à toutes les scènes qui nous intéresseraient, mais c’est ça qui fait d’elle un personnage incroyablement attachant. C’est un personnage que j’ai trouvé vraiment courageuse, culottée, et discrète à la fois.

Les autres personnages de ce récit sont tout aussi fabuleux. Jem le grand frère de Scout, Atticus le père, ou encore Calpurnia la fabuleuse gouvernante de maison. Scout est un grand frère très compréhensif, à l’écoute de sa petite soeur et j’ai trouvé cela absolument adorable. Atticus est pour le père le plus fantastique de tous les temps ( mon jugement est sûrement biaisé par la vision que m’en a donnée Scout ). C’est l’homme le plus sage, le plus réfléchi, le plus intelligent et le plus ouvert d’esprit que je connaisse. Ce que j’ai beaucoup aimé chez lui, c’est le fait qu’il ne mente jamais à ces enfants, qu’il répond toujours à leurs questions simplement sans être mal à l’aise ou dérangé. C’est une personne vraiment incroyable pleine de bonté et d’intégrité. Tous les autres personnages secondaires tel que Calpurnia, tante Alexandra ou n’importe quel villageois sont des personnages creusés, étudiés en profondeur et utilisé à bon escient.

La première partie du roman est cependant un peu longue, le temps pour l’auteur d’installer son univers. Après, tout s’enchaîne très bien, certains passages passent à une vitesse folle et on les apprécie d’autant plus.  

L’univers et l’ambiance sont totalement enveloppants. En plein milieu d’un petit village des Etats-Unis, l’on suit les histoires de voisinage, les ragots et les conflits entre blancs et noirs. J’ai adoré être parmi ces personnages, à cette époque, avec cette Histoire (avec un grand H).

Tout le style de l’auteur réside selon moi dans la parti-pris de proposer le point de vue d’une jeune fille et non d’un adulte averti. J’ai adoré la manière dont elle avait à nous promener parmi ces phrases, ces chapitres. Elle m’a entièrement transportée aux Etats-Unis, j’y étais, j’y vivais et je ressentais toute la colère des injustices.

En bref, un roman qui m’a fait porter un regard neuf sur la ségrégation aux Etats-Unis, des personnages plus qu’attachants, un style qui vous transporte immédiatement en Alabama et des leçons de vie tout au long de ce merveilleux récit.

– Qu’est ce qui me fait pleurer Mr Raymond ?

– La vie impossible que certaines personnes font mener à d’autres, sans même y prendre garde. La vie impossible qu’impose les Blancs aux gens de couleur sans même prendre la peine de penser qu’eux aussi sont des être humains. Mr Raymond à Dill

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Et vous ? 

Qu’en pensez vous ? Avez-vous déjà lu ce célèbre roman ? L’avez-vous apprécié ? Vous a-t-il fait prendre conscience de l’importance de la ségrégation aux Etats-Unis à cette époque ? Dites moi tout ça en commentaires ! 

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Belle critique. Moi aussi j’avais beaucoup apprécié cette lecture (lien vers ma critique, si tu souhaites la lire : http://www.babelio.com/livres/Lee-Ne-tirez-pas-sur-loiseau-moqueur/22389/critiques/927317 ).
sur ce même thème mais vu par un enfant noir, il y a Black Boy que je viens juste de lire ( http://www.babelio.com/livres/Wright-Black-Boy/24016/critiques/1139226 )
Mais ces lectures sont assez difficile, comme je le dis dans ma critique de Black Boy. Je n’ai pas encore accepté cette idée d’esclavagisme, de différenciation des êtres, un peu comme nos deux héros.

1 année ago
La Rédac
La Rédac

Ah je ne connais pas ce roman. Mais c’est vrai que l’idée d’esclavagisme est dure à accepter… Cependant, j’aime beaucoup lire des romans de ce genre car ça me permet de comprendre différentes choses et de voir certains sujets sous un autre point de vu.

12 mois ago
Maxime
La Rédac

Super critique j’ai aussi lu le roman à 14 ans j’ai absolument tout compris je prends souvent plaisir à le relire

8 mois ago
La Rédac
La Rédac

Je pense le relire très vite également 😉 ~~Clémence

8 mois ago

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