[Critique littéraire] S’abandonner à vivre, Sylvain Tesson

Je vais vous présenter un recueil de dix-neuf nouvelles, S’abandonner à vivre de Sylvain Tesson. Ce livre fait 256 pages et il est publié en poche chez Folio (4 mai 2015), vous pouvez aussi le trouver en broché chez Gallimard, collection blanche (2 janvier 2014).

Voici le résumé que l’on retrouve sur la quatrième de couverture de « S’abandonner à vivre » :

Devant les coups du sort il n’y a pas trente choix possibles. Soit on lutte, on se démène et l’on fait comme la guêpe dans un verre de vin. Soit on s’abandonne à vivre. C’est le choix des héros de ces nouvelles. Ils sont marins, amants, guerriers, artistes, pervers ou voyageurs, ils vivent à Paris, Zermatt ou Riga, en Afghanistan, en Yakoutie, au Sahara. Et ils auraient mieux fait de rester au lit.

 

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Les thématiques sont variées : histoires d’amour, voyages, aventures, vie quotidienne, …

L’intérêt de ce livre est que Sylvain Tesson est aussi à l’aise pour décrire Paris, la Russie ou encore la Chine. On sent un aventurier qui réussit des descriptions littéraires très intéressantes.

L’écriture de Tesson est très agréable et il sait varier les différents aspects narratifs : descriptions, dialogues mais aussi différents registres : du comique au tragique. Un humour noir traverse plusieurs de ses nouvelles.

On s’attache aux personnages qui sont pourtant très différents. On trouve régulièrement un narrateur interne, qui se caractérise par le pronom personnel « je ». Il est souvent représentatif d’un homme d’âge moyen.

Par exemple, dans la nouvelle La Gouttière, le narrateur et protagoniste est un professeur d’escalade qui est l’amant d’une femme mariée.

L’essentiel dans une double vie, c’est qu’on ne soit jamais trois à la vivre. P.42

Ces nouvelles traitent de divers sujets de la vie quotidienne ou de sujets de société. On sent une dénonciation de différents aspects : barrage contre nature, condition des immigrés mais aussi la quête du bonheur qui semble vouée à l’échec.

Cette question du bonheur est omniprésente dans le recueil. Par exemple, dans L’Ennui, son titre en dit déjà long sur la thématique, Tatiana, jeune femme russe, intelligente et cultivée, ne trouve aucun emploi avec son diplôme de littérature française. Elle fréquente des endroits infréquentables, boit et se prostitue pour remplir sa vie. Elle rencontre Alain, un Français, qui lui propose de venir dans l’hexagone. On retrouve alors notre jeune Russe, à l’aise financièrement, mais toujours aussi perdue. Je trouve cette nouvelle intéressante sur la condition humaine et le bonheur qui demande un peu de travail pour être trouvé.

Le titre du recueil trouve sens dans ses nombreux personnages. En effet, chacun essaie de vivre en acceptant les événements dans leur vie, qui peuvent faire obstacles.

Dans la nouvelle, La Lettre, on suit Maurice, facteur, et un jeune homme qui veut récupérer une lettre déjà postée dans une boîte. Cette nouvelle caractérise à elle seule le titre du recueil. Maurice explique au jeune homme différentes histoires de courriers et tente ainsi de convaincre le jeune homme de garder le fil des événements ainsi et de ne rien modifier à une sorte de destinée ou du moins, de hasard.

On trouve aussi des chutes dans ces nouvelles. Par exemple, dans la nouvelle Les Amants, le ton est plutôt badin et raconte la rencontre et l’amour entre deux personnes, leurs différences qui finalement les lient. Et arrive cette chute brutale (c’est le principe d’une chute bien sûr), mais c’est le changement de ton qui perturbe le plus le lecteur : du ton comique on passe à un ton très extérieur, très froid.

Pour conclure, ce recueil est très bien écrit, les nouvelles sont bien construites et les thématiques sont sympathiques. Je vous conseille ce recueil pour rester encore en vacances.

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Et vous ?

L’avez-vous lu ? Avez-vous envie de le lire ? Connaissez-vous Sylvain Tesson ?

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