[Histoire et Mythologie] L’amour dans le monde de l’art

En ce jour de Saint-Valentin, que diriez-vous que je vous raconte quelques histoires d’amour en lien avec le monde de l’art ? Parce que l’amour est un vaste sujet, il a depuis toujours inspiré les artistes, et les œuvres sur ce sujet sont innombrables.

Raphaël, Portrait de jeune femme, 1518 – 1519, Galleria Nazionale d’Arte Antica
Raphaël, Portrait de jeune femme, 1518 – 1519, Galleria Nazionale d’Arte Antica

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L’amour fantasmé de Raphaël et la Fornarina

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Je pense que le nom de Raphaël ne doit pas vous être inconnu : génie de la Renaissance, commençant à peindre très jeune et dépassant rapidement les plus grands maitres de son époque, il est souvent présenté comme une figure emblématique de l’histoire de l’art.

Et autour de ces grands génies naissent souvent des rumeurs, et celle dont je veux vous parler aujourd’hui est celle de la Fornarina, modèle du peintre au nom inconnu (son surnom signifiant « la boulangère » vient du fait qu’elle est probablement fille de boulanger).

Elle servit notamment de modèle à Raphaël pour réaliser son Portrait de jeune femme, la représentant nue et à peine couverte par un fin voile. Autour de son bras gauche, elle porte un bracelet avec la signature de Raphaël : il n’en faut pas plus pour que soit imaginée une histoire d’amour entre le peintre et son modèle, qui serait en fait sa maitresse. Elle aurait également servi de modèle au peintre pour une autre toile, intitulée La donna velata.

Mais rien ne prouve la véritable existence de cette liaison, possiblement inventée des années après la mort de Raphaël : Jean-Auguste-Dominique Ingres appuie cette rumeur en représentant sur une toile la jeune femme et l’artiste enlacés.

Jean-Auguste-Dominique Ingres, Raphaël et la Fornarina, 1814, Fogg Museum
Jean-Auguste-Dominique Ingres, Raphaël et la Fornarina, 1814, Fogg Museum

Au final, il s’agit probablement d’un fantasme inventé pour nourrir le mythe qui entoure l’artiste depuis des siècles.

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Akhenaton, Néfertiti et une princesse, 1352 – 1336 av. J.-C., Musée Petrie d’archéologie égyptienne
Akhenaton, Néfertiti et une princesse, 1352 – 1336 av. J.-C., Musée Petrie d’archéologie égyptienne

Akhenaton, Néfertiti et leurs filles : l’amour en Egypte ancienne

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Le pharaon Akhenaton régna en Egypte au XIVème siècle av. J.-C., et instaura pendant qu’il était au pouvoir une religion nouvelle, ébranlant des siècles de croyance pour imposer son dieu, Aton (imaginez le charisme qu’il faut, pour mettre un coup de pied dans tout ce que les gens croyaient et s’imposer ainsi !). Il déplace même sa capitale, dans une ville qu’il fait ériger à peu de chose près au centre de l’Egypte.

Cependant, il ne régna pas seul : son épouse, Néfertiti, resta toujours à ses côtés et occupa un rôle très important dans la gestion du pays. Elle fut une reine puissante au pouvoir considérable aussi bien dans le domaine de la politique que dans le domaine de la religion.

Mais ce n’est pas le sujet du jour ! Parlons plutôt des représentations de Néfertiti, Akhenaton et leurs filles : parce qu’en plus d’un nouveau culte, un art totalement inédit voit le jour sous leur règne. On est loin des représentations très froides retrouvées auparavant dans l’art égyptien, Akhenaton et Néfertiti se représentent véritablement comme un couple, et les œuvres les représentants dégagent une certaine tendresse.

Les représentations de leur famille sont également nombreuses : on peut y voir le couple royal embrassant leurs filles, jouant avec elles dans des scènes très douces, présentant la famille royale sous un jour moins officiel. L’amour se lit très clairement dans ces œuvres.

La reine Néfertiti embrassant une de ses filles, 1352 – 1346 av. J.-C., Brooklyn Museum
La reine Néfertiti embrassant une de ses filles, 1352 – 1346 av. J.-C., Brooklyn Museum

A la mort d’Akhenation, sa mémoire est damnée, tout comme celle de sa femme ; le couple est renié pour ses changements religieux et politiques qui sont vus comme une profanation. La damnation mémorielle se fait en effaçant les visages d’Akhenaton et de Néfertiti des œuvres les représentants, comme pour les faire tomber dans l’oubli tous les deux.

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Ardhanarishvara, Vème siècle, musée de Mathura
Ardhanarishvara, Vème siècle, musée de Mathura

Les amours des dieux : Shiva et Parvati

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Les amours des dieux sont une mine d’or pour les artistes : il suffit par exemple de penser à la mythologie gréco-romaine, qui regorge d’aventures amoureuses en tous genres. Mais nous allons aujourd’hui jeter un œil du côté de l’Inde, pour parler de l’amour entre le dieu Shiva et son épouse Parvati.

A vrai dire, nous allons plus précisément parler d’Ardhanarishvara (à vos souhaits) : l’androgyne shivaïte. Il s’agit en fait de l’association du dieu et de son épouse dans un seul être. Son côté gauche est féminin, et son côté droit est masculin

Dans certains textes, il est raconté que Parvati, soupçonnant son époux d’infidélité, avait souhaité après une dispute rester pour l’éternité avec lui, dans un même corps. Ils fusionnèrent alors pour former Ardhanarishvara.

Un autre mythe du nord de l’Inde raconte que Parvati était terriblement jalouse de la déesse Gange, et que pour calmer sa jalousie, Shiva fusionna avec elle.

D’autres textes encore préfèrent parler de l’amour de Parvati pour son époux : elle lui aurait demandé de fusionner avec elle, de la laisser résider dans son corps, et Ardhanarishvara se forma pour répondre à son souhait.

Ardhanarishvara, VIème – VIIIème siècle, site d’Elephanta
Ardhanarishvara, VIème – VIIIème siècle, site d’Elephanta

Au final, nombreux sont les mythes qui évoquent la naissance de cet androgyne shivaïte, à vous donc de voir celui que vous préférez !

Toujours est-il qu’Ardhanarishvara est une figure importante de l’hindouisme, qui symboliserait la nature divine qui ne serait ni vraiment masculine, ni vraiment féminine, comme chacun d’entre nous.

Voilà tout ce que je vous présenterai aujourd’hui, mais il existe une infinité d’autres œuvres qui gravitent autour du thème de l’amour, que je vous invite à découvrir. Des amants maudits aux couples royaux en passant par les liaisons des dieux, il en existe pour tous les goûts, s’adaptant à tous les styles.

Et encore aujourd’hui, nombreux sont les artistes qui s’en inspirent !


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