Les conseils d’écriture des auteurs de l’Imaginaire

Vous cherchez désespérément des conseils d’écriture ? Sans jamais trouvez ce qui vous convient ? Ne nous le cachons pas, il en existe des milliers sur internet, parfois utiles, parfois si risible que l’on pourrait s’étouffer. Mais que pensez-vous de découvrir ceux d’illustres auteurs de l’imaginaire ?  De survoler quelques conseils d’écrivains aguerris et qui ont déjà fait leurs armes ? Allons-y pour un tour de conseils, qui j’en suis certain vous aidera à réfléchir !

 Les conseils d’écriture des auteurs de l’Imaginaire

Stephen King : « Le travail de l’écrivain est simplement de fournir un spectacle »

S’il est un conseil important à donner aux écrivains qui apprennent l’art de la fiction, c’est que la représentation ne prend pas forme sous la plume de l’écrivain, elle prend forme dans l’esprit du lecteur. Pour mettre en exergue les points qui vous sont les plus importants, vous devez permettre au lecteur de faire de votre esquisse un portrait.

De bonnes descriptions sont donc à l’origine d’une bonne représentation. Comment alors définir les détails à inclure et ceux à exclure ? La réponse est simple, mais difficile à mettre en application : conservez les détails qui vous impressionnent le plus, ceux qui vous paraissent les plus clairs, laissez de côté tout le reste. Nos yeux transmettent des images à notre cerveau. Si nous transmettons des images à nos lecteurs, alors nous devons faire usage d’une sorte de troisième œil : celui de l’imagination et de la mémoire. Les écrivains qui décrivent pauvrement ou pas du tout ne se servent pas de cet œil. D’autres ne l’ouvrent qu’à moitié. Lors de l’écriture d’une scène, je la vois comme ce que je vois ce qui se trouve devant mes yeux, et j’en transmets au travers des descriptions autant que je le juge nécessaire.

Le principe du travail sur l’image, ce n’est pas de créer une scène en donnant tous les éléments (cela vaut pour les photographes, pas pour les écrivains) mais en donnant suffisamment de détails pour inspirer un sentiment. Et l’écrivain doit avoir suffisamment confiance en son sens de la représentation pour savoir s’arrêter quand il le faut. Car comme nous le savons tous, le plaisir de la lecture, qu’aucun film ne peut égaler, c’est le plaisir de visualiser une scène dans son esprit, d’être le seul à l’imaginer de telle manière. Le lecteur a son propre troisième œil ; le travail de l’écrivain est simplement de lui fournir un spectacle.

Les conseils d’écriture des auteurs de l’Imaginaire

Anne Rice : « On devient écrivain en écrivant »

Les jeunes écrivains doivent avant tout écrire. On devient écrivain en écrivant. Ils ne doivent pas se décourager. Si vous vous arrêtez quelques temps, recommencez. Conservez tout ce que vous écrivez. Chérissez votre style, votre musique à vous. Les premiers temps, vous sentirez les influences dans votre travail mais continuez à forger. Ayez confiance en vous. Le monde pleure les voix originales et pourtant, lorsqu’un jeune écrivain se lance, il est réprimé pour son originalité.
Les gens lui disent : « Bien, on a lu ton histoire, mais on ne comprend pas ce qu’elle signifie ». Il faut persister, sans se décourager.

Ne changez pas, simplement parce qu’on vous critique. Si les gens ne vous comprennent pas, changez de public. Rappelez-vous qu’être critique est très facile. N’importe qui peut le faire. Alors l’écriture, elle, n’a pas de prix. Persistez. Ecrire exige de l’énergie et de l’opiniâtreté. Vous devez vous dire : « Je suis un écrivain ». Peu importent ceux qui tentent de vous ridiculiser ou de vous décourager. Rappelez-vous que le monde a besoin d’écrivains. Si vous n’êtes pas le classique de demain, qui le sera ?

Les conseils d’écriture des auteurs de l’Imaginaire

George R.R. Martin : « Nous sommes tous gris »

J’aime la Fantasy, et j’en ai lu toute ma vie, mais je suis aussi conscient de ses défauts. Une des choses qui me rend fou, c’est l’externalisation du mal, quand le mal vient d’un « Seigneur Noir » qui est assis dans son palace noir, avec ses serviteurs noirs qui portent tous du noirs et sont vraiment laids. J’ai délibérément joué avec ça, quand les membres de la Garde de Nuit, remplie de voleurs, de braconniers et de violeurs, sont des gens héroïques, mais vêtus de noir. Et à coté on a les Lannister, qui sont grands et convenables, mais ne sont pas des plus agréables.

Dans la Fantasy simpliste, la guerre est toujours justifiée. Vous avez les forces de la lumière combattant les hordes noires qui veulent disséminer le mal sur le monde. Mais dans la réalité, l’histoire est plus complexe. Il y a une grande scène dans Henri V de William Shakespeare, où il se promène déguisé au milieu de ses hommes à la veille de la bataille d’Azincourt, et une partie d’entre eux se demande si la cause du Roi est juste ou non, et se lamente à propos de tous les morts que cela va provoquer. C’est une bonne question. Et vous avez aussi la Guerre de 100 ans, où des générations entière vont être massacrées à cause d’une querelle familiale. Alors j’essaie de montrer ça dans mes écrits.

Les personnages gris m’ont toujours intéressé le plus, et je pense que le monde en est rempli. J’ai beaucoup lu l’Histoire, et je n’ai pas vu un seul personnage purement héroïque ou purement méchant. Vous pouvez prendre les pires exemples – Hitler adorait les chiens. Staline, Mao, Gengis-Khan ; les plus grands tueurs de masse de l’histoire se voyaient tous en héros. Inversement, vous pouvez lire des histoires à propos de saints de l’histoire catholique, de Mère Thérésa ou Gandhi, et vous allez trouver qu’ils étaient imparfaits, et qu’ils ont fait des actions discutables.

Nous sommes tous gris, et je pense que nous avons tous la capacité de faire des choses héroïques et des choses très égoïstes. Je pense que comprendre ça permet de créer des personnages avec beaucoup de profondeur. Même quand je crée quelqu’un comme Theon Greyjoy, que beaucoup de personnes haïssent, j’essaie de voir le monde à travers ses yeux, et de donner du sens à ce qu’il fait.

Les conseils d’écriture des auteurs de l’Imaginaire

J.K. Rowling : « Lisez autant que vous le pouvez »

Le meilleur moyen d’apprendre à propos du style, des personnages et de la construction du scénario est de lire autant que vous le pouvez. Vous allez probablement trouver que vous commencez à imiter vos auteurs favoris, mais c’est un bon processus d’apprentissage, et votre propre style va finir par apparaître. Planifiez toujours votre travail, écrire sans aucun but permet parfois de sortir une bonne idée ou deux, mais ce n’est pas un bon moyen pour produire une histoire entière.

Ecrivez au sujet de ce que vous connaissez : vos propres centres d’intérêt, vos sentiments, vos croyances, vos amis, votre famille et même vos animaux de compagnie peuvent être un bon matériau quand vous commencez à écrire. Développez votre goût de la solitude si vous le pouvez car écrire est l’une des professions où vous serez les plus seuls au monde ! Et pour finir, la persévérance est absolument essentielle, il ne suffit pas de produire tous ces mots, il faut aussi survivre au rejet et à la critique. Mais quoi qu’il en soit, le plaisir de voir un livre que vous avez écrit dans une librairie est une récompense qui vaut tous ces efforts !

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Peter V. Brett : « J’ai commencé à écrire avec une feuille d’étape »

J’ai une approche méticuleuse de la structure de l’histoire, probablement beaucoup plus que la plupart des autres écrivains. Quand j’ai commencé à écrire, j’écrivais librement, c’est à dire que je m’asseyais et commençais à écrire, construisant l’histoire au fur et à mesure. Je notais des idées sympas quand j’en avais, mais la plupart du temps, je laissais l’écriture m’emmener où elle voulait.

C’était une approche effroyable. Beaucoup d’écrivains à succès écrivent librement, mais dans mon cas ça fait vagabonder l’histoire loin du fil de la narration, lui fait perdre sa tension. En regardant en arrière, ce n’est pas étonnant que personne ne s’intéressait aux livres que j’écrivais de cette façon. Pour tout ce qu’ils contenaient de bon, il y avait de profondes failles.

Depuis, j’ai commencé à écrire avec ce que j’appelle une feuille d’étape. Il s’agit d’une description détaillée de tous les chapitres, sous forme de listes qui décrivent chronologiquement tous les événements pertinents, les événements historiques, la création du monde, la motivation des personnages, et quelques dialogues que je veux inclure. Je fais ça pour le roman en entier, souvent avant d’avoir écrit le moindre paragraphe du manuscrit. Ça me permet de revenir en arrière et de voir l’histoire dans son ensemble, bougeant des parties pour doper le récit, sans avoir à réécrire des tonnes de pages. Seulement quand ce squelette est aussi solide que de l’adamantium, je commence à y ajouter de la viande.

C’est un processus long et ardu. Par exemple, la feuille d’étape de La Guerre du Jour faisait plus de 200 pages, sur un fichier complètement différent des 850 pages du manuscrit du roman final. Pourtant, j’ai l’impression que c’est un processus qui donne toujours le résultat que je veux, alors je ne peux pas me plaindre même si ça veut dire que j’écris plus lentement que les autres auteurs. Je pense à l’histoire de la cigale et de la fourmi et je fais ce qui marche pour moi.

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Pierre Bordage : « A chacun de trouver son fil d’Ariane »

Je ne crois pas qu’il y ait d’autre recette que suivre son chemin, entendre sa musique qui n’est à nulle autre pareille. Pas de dogme là non plus, mais la quête de sa liberté intérieure. Écrire est, je crois, une épreuve initiatique, une errance dans ses labyrinthes intérieurs. À chacun de trouver son fil d’Ariane.


Et Vous ?

Qu’avez-vous pensé de ces conseils ? Vous paraissent-ils pertinents ? Lequel de ces conseils vous a le plus servi ? N’hésitez pas à parler de tout ça dans les commentaires !

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