[Série] Black Mirror, la série la plus originale que vous n’avez jamais vue !

Après trois saisons et un succès incroyable à travers le monde entier pour cette série britannique, il est temps pour nous de revenir sur la célèbre dystopie portée sur les nouvelles technologies !

A chaque fois que l’on m’a parlé de Black Mirror, la phrase que j’ai le plus entendue a été « ça fait vraiment peur ». N’étant pas une fan d’horreur du tout, je ne m’étais jamais penchée sur la série jusqu’à ce qu’une de mes amies m’explique de quoi il s’agissait. En fin de compte, il ne s’agit pas du tout d’une série qui fait peur. Ou plutôt si, mais uniquement sur le plan psychologique, laissez-moi donc vous expliquer un peu mieux pourquoi. Black Mirror, c’est une anthologie télévisée sur le thème des nouvelles technologies. C’est-à-dire qu’il s’agit d’une succession d’épisodes qui ne sont pas situés dans le même univers et dans lesquels n’apparaissent pas les mêmes personnages mais qui sont tout de même liés par le « Black Mirror », qui fait référence à nos écrans d’ordinateur, de télévision et nos téléphones. Dans la série, on retrouve une technologie dystopique qui est différente à chaque épisode mais qui est inspirée de nos propres technologies. A vrai dire, si vous m’aviez demandé de citer ne serait-ce que le nom d’un seul personnage avant d’écrire cet article, j’en aurais tout simplement été incapable.

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Cette série britannique a été créée en 2011 par Charlie Brooker avant de voir sa troisième saison être produite par Netflix. Les saisons sont extrêmement courtes puisque la première ne comporte que 3 épisodes et a été diffusée en décembre 2011, la deuxième également n’en comporte que 3 et a été diffusée en février 2013. Nous avons eu le droit à un épisode spécial de Noël en décembre 2014 puis la saison 3 qui est quant à elle composée de 6 épisodes a fait son apparition le 21 octobre 2016. Les épisodes durent entre 40 et 90 minutes, et il faut les appréhender en tant que films propres à eux-mêmes plutôt que comme un épisode d’une série. Je ne recommanderais pas de tous les regarder à la suite car il faut toujours un minimum de 10 à 15 minutes pour bien appréhender un épisode, son univers qui peut ressembler au notre ou être complètement différent, et ses personnages et que l’on ressort toujours un peu troublés de ces épisodes qui demandent un moment de réflexion pour bien comprendre ce qu’ils cherchent à critiquer. Vous pouvez peut-être penser que les nouvelles technologies c’est un peu toujours la même chose mais la série réussit avec brio à ne jamais revenir sur la même chose, il faut donc bien comprendre les implications de chaque épisode, qui ne sont pas toujours évidentes.

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L’autre grande originalité de la série qui est une conséquence de son concept, c’est que vous pouvez aussi bien lire des chroniques de la saison 1, 2 ou 3 sans aucun spoiler puisque les personnages et l’intrigue changent à chaque fois ! Les épisodes sont assez inégaux, certains étant plus légers, d’autres plus sombres, certains étant assez lents, d’autres plus dans l’action. Cela est dû au fait, qu’en plus de tout le reste, les réalisateurs changent également à chaque épisode. Il est donc tout à fait normal que vous accrochiez davantage avec certains épisodes qu’avec d’autres et vous pouvez tout à fait en sauter un pour passer au suivant s’il ne vous plaît pas, cela ne vous posera aucun problème pour la suite.

Pour ma part, j’ai vraiment apprécié cette série avec sa vision sombre et satirique de notre société quasi contemporaine. Elle nous pousse à nous interroger sur les technologies et leur impact d’une façon surprenante et souvent effrayante. Je vais revenir sur les moments forts de chaque saison et vous présenter brièvement leurs épisodes mais ne vous inquiétez pas, comme je l’ai expliqué dans ma présentation de la série, il ne peut y avoir aucun spoiler !

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La saison 1

L’épisode pilote, intitulé « L’hymne national » a été écrit par le créateur de la série. Il s’ouvre sur une société qui semble être la nôtre, puisque mêmes les réseaux sociaux utilisés sont ceux que l’on connaît : YouTube, Twitter, etc. Cela reste une société parallèle puisque les personnages sont fictifs. Dans cet épisode, la princesse du Royaume-Uni est enlevée et la seule condition pour qu’elle soit libérée est que le Premier ministre cède à un chantage répugnant. Cet épisode met donc en place une technique largement utilisée dans la série qui est de nous pousser à terminer l’épisode bien qu’il nous dégoûte. Il s’agit peut-être à mon goût de l’un des épisodes les plus choquants de la série et il est susceptible de ne pas vous pousser à continuer, je ne suis donc pas certaine qu’il s’agissait du meilleur choix, mais en revanche ne vous arrêtez pas à cet épisode s’il ne vous convainc pas. Malgré son cours format, il reste à mon avis l’un des épisodes les plus lents au niveau du rythme.

Il s’enchaîne avec un épisode tout à fait différent qui va vous prouver à quel point la série peut être différente d’un épisode à l’autre. « Quinze millions de mérites » dure quant à lui une bonne heure et a été co-écrit par le créateur de la série et sa femme. Ici, c’est un monde dystopique entièrement différent du monde filmé avec des couleurs criardes. Les personnages sont enfermés et sont condamnés à pédaler sur des vélos toute la journée. Pour s’en sortir, il existe une émission du type « La France a un Incroyable Talent » où toutes ces personnes rêvent d’auditionner. Vous l’aurez compris, il s’agit d’une satire sur notre soif de distraction et sur les divertissements télévisés. Il m’aura fallu presque une vingtaine de minutes pour bien comprendre comment marchait cet univers avec sa réalité virtuelle, ses écrans, ses personnages prisonniers de l’on ne sait quoi au début de l’épisode.

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Si le premier épisode s’ancre quasiment dans notre réalité et le deuxième dans l’univers de science-fiction le plus poussé toutes saisons confondues, le troisième épisode intitulé « Retour sur image » est ancré dans un futur très proche et c’est la première fois que les nouvelles technologies m’ont vraiment fait froid dans le dos. Dans cet épisode, nous voyons un jeune homme douter de la fidélité de sa femme. Rien de très extraordinaire, mais sauf que dans cette société tout le monde est doté d’une mémoire interne et peut revenir image sur image sur un moment donné, on peut même le regarder en boucle, ou zoomer. Et en plus de cela, on peut diffuser ce que l’on voit sur n’importe quel écran. Finis les petits mensonges ou les petits secrets, cette technologie peut vraiment vous rendre paranoïaque ! Cet épisode qui dure 44 minutes a été pour moi l’un des meilleurs de toute la série et il est intéressant de noter que Robert Downey Jr. a acheté les droits d’adaptation au cinéma.

La saison 2

J’ai eu la chance de regarder l’ensemble de la série que très récemment, mais il faut savoir que pour les autres, ce sont 14 mois qui se sont écoulés entre les deux saisons. Le premier épisode de la saison « Bientôt de retour » est également l’un des plus perturbants mais l’un des plus grandioses à mon goût. On y suit un jeune couple dont le garçon meurt sur la route. La jeune femme découvre alors qu’elle est enceinte et se tourne vers une nouvelle technologie qui analyse toutes les photos, vidéos, messages, e-mails, réseaux sociaux, etc. d’une personne et vous propose une espèce de « clone » de cette personne, capable de vous écrire des messages sur le même ton ou même de vous parler par téléphone avec sa fois. Vous voyez où l’épisode va ? En effet, Martha va tenter de reprendre contact avec son petit ami, qui est pourtant décédé. Un épisode extrêmement émouvant et bien réalisé, qui m’a effrayée en même temps qu’il m’a fascinée.

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« La Chasse » est le deuxième épisode de cette saison. On y suit une femme qui ne se rappelle pas qui elle est et se retrouve dans un endroit où tout le monde semble contrôlé par un signal de télévision. La société semble être complètement tordue, puisqu’elle et quelques personnes qui ne sont pas affectées par le signal de télévision se font attaquer par des personnes qui profitent de cette société de zombies pour faire régner la terreur. Croyez-moi, il vous faudra un certain moment pour bien comprendre l’épisode qui vous emmènera de rebondissements en rebondissements. Il faut savoir que cet épisode est assez violent et critique plusieurs aspects de notre société, tels que la façon dont les médias diffusent les meurtres, la désensibilisation à la violence, mais également les effets des technologies sur l’empathie des gens. Cet épisode n’a pas été l’un de mes préférées mais il vaut vraiment la peine d’être vu, rien que pour la révélation finale !

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L’épisode suivant « Le show de Waldow » a été celui que j’ai le moins aimé de toute la série. On y suit un comédien qui prête sa voix à un personnage de télévision, un ours bleu nommé Waldo, qui critique la société de façon dérisoire. Ses producteurs décident de le présenter aux élections et Jamie se retrouve malgré lui dans la politique. Je ne suis pas très intéressée par la politique, et encore moins par la politique au Royaume-Uni et c’est peut-être pour cela que l’épisode ne m’a pas convaincue, en plus de faire figurer une romance sans intérêt. En revanche, il est intéressant de savoir que l’épisode a été comparé à plusieurs reprises à la campagne de Donald Trump et que la nuit de son élection, Black Mirror a tweeté : « This isn’t an episode. This isn’t marketing. This is reality. » (Ceci n’est pas un épisode. Ceci n’est pas du marketing. Ceci est la réalité).

On retrouve ensuite un épisode spécial de Noël qui a été diffusé en décembre 2014 et qui n’appartient à aucune saison. Cet épisode dure une heure et quart et suit deux hommes enfermés dans une maison depuis 5 ans. Intitulé « blanc comme neige », il s’agit encore une fois de l’un de ces épisodes qui nécessitent un bon moment avant d’être vraiment compris. Le spectateur cherche à comprendre pourquoi les deux hommes sont enfermés et ces derniers vont se raconter tour à tour leur histoire. L’une des particularités que j’ai le plus aimé dans cet épisode, c’est que les personnes vivant dans cette société possèdent une télécommande qui leur permet de « bloquer » les gens dans la vraie vie, comme on bloquerait quelqu’un de sa liste d’amis. Lorsque cela se passe, la personne n’a aucun moyen pour que vous la voyiez ou l’entendiez. Cet épisode va vous retourner le cerveau !

La saison 3

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La saison 3 a été produite par Netflix en 2016 et compte le double d’épisodes des saisons précédents avec un format d’environ une heure pour la plupart des épisodes. Le premier épisode « Chute libre » se passe aux Etats-Unis et je dois avouer que j’ai eu un peu peur que la série perde son charme britannique et que les épisodes ressemblent à ce premier épisode que je n’ai pas du tout aimé. On y suit une jeune fille dans une société régie par la note que l’on a sur les réseaux sociaux. Avec son téléphone portable, on peut voir la note de toutes les personnes que l’on croise. Lacie, l’héroïne, rêve de s’acheter la maison de ses rêves dans un quartier réservé aux « influenceurs ». Alors qu’elle cherche à faire augmenter sa note, rien ne va se passer comme prévu. J’ai bien aimé la façon dont l’épisode critique notre obsession sur les réseaux sociaux et le nombre de likes que l’on va avoir mais l’hypocrisie surjouée et la société méga américaine de cet épisode m’ont vraiment porté sur les nerfs et j’ai eu du mal à venir à bout de cet épisode de 63 minutes.

L’épisode 2 suit à nouveau un personnage américain mais cette fois-ci en Europe. « Playtest », avec un format d’une heure encore une fois, devrait convaincre tous les amateurs de jeux vidéo. Le personnage principal devient testeur pour un nouveau système de jeu en réalité augmentée. Un épisode à la inception, dans lequel on ne sait plus combien de « couches » il y a dans cette réalité augmentée. J’ai été prise en haleine par cet épisode, ne sachant plus si ce que je voyais était vraiment en train de se produire ou s’il ne s’agissait que du jeu en question. Absolument brillant !

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« Tais-toi et danse » est à nouveau un épisode sombre qui repose sur du chantage et assez lent, dans la lignée de l’épisode pilote. On y suit plusieurs personnes qui se sont fait pirater et qui sont prêtes à suivre toutes les instructions données par un groupe de hackers pour éviter de voir leurs vies être ruinées par la diffusion des informations compromettantes piratées. J’ai trouvé que cet épisode reposait sur une bonne idée mais je l’ai trouvé parfois un peu long. En revanche, on ne peut qu’être fascinés en se demandant jusqu’où ces personnes sont prêtes à aller.

L’épisode suivant, « San Junipero » est celui qui cadre le moins bien dans la série, puisqu’il ne présente pas vraiment une vision effrayante des nouvelles technologies mais fait plutôt rêver. Situé dans les années 80 sur une ville côtière fictive qui semble être dédiée à la vie nocturne, cet épisode est très bien réalisé au niveau des couleurs, des lumières, de la bande-son, etc. mais fait davantage penser à une comédie romantique qu’à un épisode de Black Mirror. On y retrouve une jeune femme timide et une fêtarde qui commencent à nouer un lien fort. En revanche, on sent que quelque chose cloche dans cette ville où les personnages semblent limités par le temps et critiquent les habitants du coin. Il nous faudra jusqu’à la fin de l’épisode pour comprendre pourquoi, et bien que j’ai beaucoup aimé la révélation finale, cet épisode ne m’a pas fait froid dans le dos à aucun moment et j’ai vraiment eu du mal à le comparer aux autres épisodes.

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« Tuer sans état d’âme »est situé dans un monde post-apocalyptique où une unité militaire est chargée d’éliminer des créatures, bien que l’on ne sache pas vraiment au début s’il s’agit d’extraterrestres, d’humains affectés par un virus ou encore même d’autre chose. En revanche, l’un des membres de cette unité va découvrir une toute autre réalité. Cet épisode m’a beaucoup fait penser au concept de La 5ème Vague au niveau de l’équipement technologique. J’ai beaucoup aimé la façon dont la réalité a contrasté avec ce qu’on avait dit aux soldats et je pense que cet épisode plein d’action est l’un des plus vivants de la série.

Enfin, le tout dernier épisode, « Haine virtuelle » est le plus long toutes saisons confondues, avec une durée d’une heure trente. Cet épisode revient sur la façon dont les personnes peuvent être humiliées ou insultées sur les réseaux sociaux et critique le manque de conséquence de ces actes, les personnes se rendant à peine compte de ce qu’elles ont fait. Je ne veux pas trop en raconter sur cet épisode afin que vous puissiez découvrir l’enquête policière au fur et à mesure qu’elle avance mais on y suit une femme politique qui est détestée par le pays entier pour avoir critiqué une personne en fauteuil roulant. On la retrouve chez elle, morte, et le témoignage de son mari qui prétend qu’elle est soudain devenue folle avant de se suicider ne semble pas convaincre la police. En revanche, un hashtag #DeathTo va mener la police sur une piste intéressante lorsqu’une deuxième personne meurt dans les mêmes circonstances. Un épisode assez long, mais très intéressant, et même s’il m’a parfois fait pensé davantage à NCIS qu’à Black Mirror, je ne peux m’empêcher d’être fascinée par sa morale.

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saison 3

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La saison 4 a bien été confirmée même si la date n’a pas encore été annoncée. Netflix a commandé 6 nouveaux épisodes que tout le monde a hâte de découvrir. Comme vous l’avez vu dans cet article, les épisodes sont extrêmement différents les uns des autres et il se peut que des épisodes que j’ai aimés ne vous plaisent pas forcément et vice-versa. Et vous, quels sont les épisodes que vous avez le plus aimés ? Et si vous n’avez pas encore vu la série, cet article vous aura-t-il convaincu ?


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