[Critique Littéraire] J’ai soif ! soif ! soif ! mais soif ! de Jean-Marie Gourio

Je vous présente un des romans de cette rentrée littéraire, il s’agit de J’ai soif ! soif ! soif ! mais soif ! de Jean-Marie Gourio publié par Le Cherche Midi le 30 août 2018, il fait 112 pages.

Voici la quatrième de couverture :

« Hier, j’ai insulté mon éditeur par téléphone. Il paraît que j’étais ivre. C’est lui qui me l’a dit. Moi, je ne me souviens de rien. […] Je lui ai posé la question : “Je ne vois pas pourquoi je vous aurais insulté ?” Il a répété calmement ce qu’il avait déjà dit posément : “Parce que vous étiez complètement saoul. – On ne va pas polémiquer là-dessus !” lui ai-je répondu. Il me semble avoir crié. Il me restait de l’alcool dans le sang. Je crois qu’on s’est quittés en bons termes. Il m’a demandé si le livre avançait. J’ai dit oui, mais non. Le livre n’avance pas. Ceci explique peut-être cela. »

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Un roman court et difficile à chroniquer car il y a peu d’actions. En effet, c’est l’histoire d’un écrivain alcoolique qui n’arrive pas à écrire. Le récit commence par l’auteur, ne se rappelant plus qu’il a insulté son éditeur et qui finalement justifie ces insultes à l’aide de diverses références littéraires.

Le livre entier est basé sur une sorte de monologue intérieur de l’auteur fictif avec l’utilisation de la première personne du singulier. S’y ajoute des références littéraires, philosophiques et des dialogues avec des écrivains décédés lorsqu’il est complétement « torché ». Je trouve l’idée des références intéressantes mais malheureusement l’inaction du personnage et donc de l’intrigue est ennuyeuse, j’ai failli refermer le livre avant la fin.

Le récit tourne en rond, aucune avancée n’est permise par la situation et le personnage n’est pas attachant car la psychologie du personnage n’est pas travaillée, ce qui aurait pu permettre un peu de pathos envers ce personnage qui n’est ni drôle ni pitoyable. Ne rien ressentir pour un lecteur est, selon moi, l’opposition même à la lecture, surtout avec des thématiques autour de l’écriture et de l’alcoolisme qui auraient pu permettre un rapprochement, mais ce personnage est vide. On peut imaginer que c’était l’effet recherché par l’auteur, mais ça ne m’a pas touché.

9


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[Critique Littéraire] Jusqu’ici tout va bien, Gary D. Schmidt

Je vous présente aujourd’hui le très beau roman Jusqu’ici tout va bien de Gary D. Schmidt, traduit par Caroline Guilleminotet publié le 04 octobre 2017 dans la collection Médium de l’Ecole des loisirs.

Voici ce que l’on trouve sur la quatrième de couverture

1968. Une petite, petite ville de l’État de New York. Un père sans repères, une mère sans remède. Deux grands frères, dont un avalé par la guerre du Vietnam. Pas assez d’argent à la maison. Trop de bagarres au collège. Des petits boulots pour se maintenir à flot. Une bibliothèque ouverte le samedi pour s’évader. Une collection d’oiseaux éparpillée à tous les vents. Des talents inexploités. Et une envie furieuse d’en découdre avec la vie.

9782211217132Doug est un adolescent fan de baseball qui emménage dans une nouvelle ville, la « stupide Marysville ». Entre un père violent et agressif, une mère, douce, qui ne fait pas de vagues pour garder un semblant de foyer uni, et un de se frères qui fait tout pour le faire craquer, le jeune garçon est submergé de problèmes. Heureusement pour lui, ce déménagement est l’occasion de rencontrer Lil, une camarade mais aussi M. Powell, le bibliothécaire qui lui fait découvrir les originaux des Oiseaux d’Amérique d’Audubon et lui montre ses capacités en dessin.

Ce roman d’apprentissage est une pépite et peu importe son âge car le lecteur ressent de l’empathie envers ce jeune garçon qui apprend à se connaître et qui prend confiance en lui.

Les thématiques abordées sont assez dures pour un livre jeunesse, ce qui ne peut que lui donner davantage de profondeur. On trouve la violence, l’ alcoolisme, les préjudices, la guerre, le handicap mais aussi l’amour, l’art, le courage et l’espoir.

L’écriture est agréable et fluide, des phrases courtes avec un style oral qui mêle humour et passages dramatiques.

Je recommande ce roman initiatique pour les adolescents et les adultes.

19


 

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