[Art] Les dieux grecs dans l’art contemporain

Vendredi dernier, un article vous présentait le panthéon grec. Et si je vous disais que ces dieux n’ont pas seulement inspiré les artistes de l’antiquité, mais qu’ils continuent encore aujourd’hui de les inspirer ? Dans cet article, je vais vous présenter quelques œuvres contemporaines, et même ultra-contemporaines, qui reprennent ce thème des dieux gréco-romains.

.

Gustav Klimt, Pallas Athéna, 1898, musée de Vienne
Gustav Klimt, Pallas Athéna, 1898, musée de Vienne

Athéna et la Sécession viennoise

  .

Le fameux Gustav Klimt, comme beaucoup d’autres artistes de la Sécession viennoise, s’intéresse à la mythologique grecque. Qu’est-ce que la Sécession viennoise, dites-moi ? C’est un courant artistique qui nait en Autriche, et particulièrement à Vienne, à la fin du XIXème siècle. C’est un mouvement qui vise à lutter contre l’uniformisation de l’art à l’époque, et créer une nouvelle expression artistique. Klimt en est une des figures majeures.

Dans cette peinture, le but de l’artiste, plutôt que de reproduire fidèlement les œuvres grecques comme celles de Phidias, est avant tout de montrer la force de l’art de cette époque. 

Il s’inspire des statues antiques qui présentent des éléments dorés, et fait le choix d’un cadrage assez serré qui se focalise sur l’armure.

On peut ainsi voir très précisément la tête de gorgone représentée sur l’armure de la déesse ! La tête de gorgone était supposée éloigner la malchance, et terrifier les ennemis.

Dans ses œuvres, Klimt représente de nombreuses autres figures mythologiques : on retrouve par exemple dans son travail les Gorgones, les Sirènes, ainsi qu’une représentation de Danaé, qui fut séduite par Zeus métamorphosé en pluie d’or.

 .

Gustave Moreau, Jupiter et Sémélé, 1895, Paris, musée Gustave Moreau
Gustave Moreau, Jupiter et Sémélé, 1895, Paris, musée Gustave Moreau

Les amours de Zeus

 .

Les représentations des amours de Zeus (ou Jupiter cher les romains) ne sont pas rares dans l’art : ceux-ci sont si nombreux et variés ! Les frasques du dieu offrent une grande variété de motifs pour des possibilités infinies. Si Klimt représentant Danaé, Gustave Moreau préfère peindre Sémélé, fille du fondateur de Thèbes. De son union avec Zeus naitra Dionysos.

Elle est représentée ici anéantie par la vision du dieu transfiguré : Junon (métamorphosée en la nourrice de Sémélé), jalouse, avait conseillé à Sémélé de demander à son amant Zeus de prendre cette forme, parce qu’elle savait qu’une telle vision serait fatale à une mortelle.

En bas du tableau se massent de nombreuses allégories et divinités : la Mort et la Douleur, Pan, Hécate, ainsi que des sphinx, symboles du passé et de l’avenir.

La partie inférieure du tableau semble représenter le cheminement de l’âme vers les mondes souterrains.

Gustave Moreau s’intéresse vivement à l’Antiquité et au Moyen Âge. Il considère que la modernité consiste en la coordination de ce qui a déjà été fait : son art est une synthèse d’influences des périodes précédentes, qui laisse finalement apparaître quelque chose de totalement nouveau. Certains trouvent ça kitsch, trop foisonnant, j’ai l’impression qu’il n’y a pas d’entre deux pour Moreau : on aime ou on déteste !

Il appartient au mouvement symboliste, qui s’intéresse particulièrement au fantastique et à l’imaginaire : les sujets mythologiques sont remis au gout du jour par ce courant, qui inspire par la suite les surréalistes.

.

René Magritte, Les menottes de cuivre, 1931, musées royaux des Beaux-Arts de Belgique
René Magritte, Les menottes de cuivre, 1931, musées royaux des Beaux-Arts de Belgique

Les menottes d’Aphrodite

 .

Faisons un bon d’une quarantaine d’années, pour jeter un œil du côté des surréalistes, justement. René Magritte est un artiste du XXème siècle, se rattachant au mouvement du surréalisme. Il est très réputé pour ses peintures (je suis certaine que vous avez déjà entendu parler de sa fameuse Trahison des images, vous savez, le « Ceci n’est pas une pipe » !), mais il était également un sculpteur.

Dans cette œuvre, il mêle les deux activités, à travers une série de sculptures inspirées de l’art antique. Il réalise d’abord une copie en plâtre, avant d’y ajouter de la couleur grâce à de la peinture à l’huile.

Les menottes de cuivre constitue sans doute l’œuvre la plus célèbre de cette série, reproduisant la célèbre Vénus de Milo, conservée au musée du Louvre. Cette sculpture sans bras de la déesse Aphrodite (Vénus pour les romains, donc) fascine depuis des générations, par sa pose sinueuse autant que par la question de ses bras disparus.

Il explique son choix d’ajouter de la couleur en disant qu’« à son sens, cela redonne à la Vénus une vie inattendue ».

Quant au titre du tableau, il n’a pas vocation à expliquer l’œuvre. Il est aussi intriguant que poétique, et peut presque paraître humoristique étant donné qu’il évoque les mains, pour une œuvre qui n’a pas de bras !

Bien sûr, les représentations d’Aphrodite ne sont pas rares, comme évoqué dans l’article de mardi dernier sur l’Olympia de Manet.

Si vous aimez la mythologie, je vous invite à explorer les musées : le panthéon gréco-romain est un sujet récurrent dans l’art, que les artistes traitent de manières très différentes selon les époques. Toutes les périodes sont marquées à un moment ou à un autre par un amour de l’Antiquité, et même si les œuvres que je vous ai présentées ne vous plaisent pas, en jetant un œil dans le monde de l’art, vous trouverez forcément votre bonheur !


16523801_10206823177093054_1722996041_o

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :