[Critique Littéraire] Dissolution – Maxime Lacombe

Aujourd’hui, on se retrouve pour une chronique un peu spéciale d’un livre tout aussi spécial : Dissolution, de Maxime Lacombe, paru en 2016 aux éditions du Panthéon. Cette dystopie fantasy pourra rejoindre votre bibliothèque pour le prix de 24,90€.

 

Dissolution - Maxime LacombeLe résumé

« La vie était injuste avec Nézoni. Elle lui avait donné une maladie : un croissant autour de l’œil, des lèvres noires en guise de bouche, une larme douloureusement noire à chaque réveil. Elle lui avait donné un physique androgyne qu’il haïssait. Alors pourquoi s’acharner à la rendre meilleure ? »

Nézoni Médùnki est un ange dont l’impitoyable maladie parachève sa dépression. Mélancolique, raciste et cynique, il commente ironiquement le monde pétri de religion dans lequel il vit, non sans amertume.

Quelque part, son histoire continue de s’écrire : il ne se doute pas que sa vie, pourtant proche de s’éteindre, s’apprête à basculer.

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Un univers fantasy étendu

 

Le grand point fort de ce roman est sans nul doute le monde que Maxime Lacombe a construit. La mythologie de ce monde est très étendue, complexe… Les petits passages inter-chapitre, où l’auteur fait parler ses personnages sur certains points spéciaux, comme des mini-cours. Le système de Plaques, les tombées, les Dieux… Vraiment un univers très étendu qui a su me conquérir et piquer ma curiosité, malgré une mise en avant trop peu efficace à mon goût.

 

Des personnages ambiguës

En rentrant un peu plus dans le vif du sujet, je ne saurais dire vraiment avec exactitude quel rôle propre joue chaque personnage. En effet, nous avons une quatrième de couverture qui nous vend un jeune adulte rongé par une maladie incurable, et qui serait notre personnage principal – aka Nézoni -. Mais plus la lecture avance, et plus j’ai trouvé que Nézoni n’était pas l’acteur principal, bien au contraire. Un personnage secondaire très important, mais bien trop absent pour le considérer comme un personnage principal à mon goût. Même si l’intrigue et l’histoire tournent autour de lui, je vois mal comment on peut constituer un personnage principal complet quand la majorité du roman gravite autour de lui sans forcément nous l’exposer plus en avant comme cela a été le cas avec les personnages de Katnopi (la soeur de Nézoni) ou encore Noséhi.

De plus, j’ai trouvé la majorité des personnages extrêmement creux et bateaux, à l’exception de Noséhi, que j’ai trouvé très mystérieuse et qui m’a poussé à me poser des questions. Son seul bémol serait son parlé trop « wesh wesh » à mon goût, surtout qu’il est en surdose dans tout le roman. Kéam est aussi un personnage que j’ai beaucoup apprécié, de part sa noirceur mais aussi sa manière de raisonner qui sort de l’ordinaire : une vision propre aux anges sous l’égide de Mao, dieu du Mal, contrairement à la vision très épurée (pour ne pas dire nunuche) des anges de l’Ordre, du Bien, sous l’égide de leur déesse Imy. En comparaison à ces deux personnages, j’ai vraiment trouvé Nézoni d’une banalité et d’un creux abyssal.

 

Une rythmique à revoir

 

Pour un livre qui prône de bout en bout l’importance et la préservation de l’équilibre, je ne l’ai pas trouvé équilibré dans sa forme. En effet, s’il fallait faire un découpage, je le ferai comme tel :

  1. Découverte et mise en place. 100 premières pages.
  2. « Road Trip » et approfondissement du monde. 200 pages centrales.
  3. Révélations et final. 100 dernières pages.

Une découpe qui aurait fonctionné à merveille si la partie centrale n’avait pas été si plate et lente. Même si cette lenteur nous permet de mieux découvrir le monde, plusieurs passages complètement inutiles auraient pu être très facilement supprimée, et cela aurait enlever de la lourdeur au texte. Toute la dynamique mise en place dans la première partie se perd totalement dans la seconde, et c’est extrêmement dommage, en plus de nuire à la lecture !

Ce livre aurait pu être divisé en deux tomes, pour enchaîner sur un troisième tome (qui ici en l’état actuel correspondrait au second tome). J’espère vraiment que ce second tome sera mieux équilibré.

 

Une dystopie en demie teinte

            Je ne vais pas vous le cacher, je m’attendais à beaucoup mieux venant de ce livre. Il avait tout pour bien fonctionner : un monde riche et prédisposé à la dystopie et à la réflexion, des personnages avec du mordant malgré le fait qu’ils ne soient pas du tout attachants, et surtout, une problématique religieuse centrale, qui aurait pu donner une teneur plus qu’explosive et taboue au roman. Et pourtant, pour moi, cela a été un flop total. Quand on me vend une dystopie aussi bien que sur la 4ème de couverture, je m’attends à des monologues dirigés par une réflexion face à une situation donnée, des échanges houleux et enflammés pour défendre sa cause ou pour en réfuter une autre. Je m’attends à ce que le texte me pousse moi, à me questionner. Au lieu de cela, j’ai eu une majorité de description du monde avec des personnages fades, qui ont la capacité d’élocution d’adolescents de 12 ans.

            Je pars du principe que quand un personnage est en difficulté et débat avec une autre personne sur certaines choses, dans une dystopie, qu’il doit avoir des arguments, et non pas sortir un « Ta gueule ! » Ponctué de plus ou moins de points d’exclamation selon son degré d’énervement. C’est pourtant ce que j’ai eu. Quelques points de vue sur la question de la religion de la part de certains personnages qui ne dépassaient jamais les 5 lignes, des débats plats et sans aucun intérêt… J’ai vraiment eu l’impression que l’auteur n’osait pas vraiment. Sauf que dans ce genre d’écrit, soit on assume, soit on ne fait rien, sinon on se retrouve avec quelque chose mi-figue, mi-raisin assez désagréable. Si j’avais un mot à placer sur cette dystopie, ce serait « échec ».

            Ce n’est qu’à la lecture de la fin que je me suis que peut-être, ce n’était qu’une phase de préparation. Mais plus de 400 pages de préparation, je trouve cela beaucoup, surtout quand c’est relativement mal maîtrisé. J’en attends beaucoup du second tome qui, j’en suis certaine, vu la fin, sera bien meilleur que ce premier tome plus qu’hésitant.

En bref, un roman qui me laisse plus que mitigée, mais avec sa fin, je suis prête à donner une chance au second tome qui, je l’espère, me décevra moins que le premier.

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Et vous ?

Qu’en avez-vous pensé ? L’avez-vous déjà lu ? N’hésitez pas à parler de tout ça dans les commentaires ! 

oceane

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