[Critique littéraire] Le Jeu de l’amour et du hasard – Marivaux

Titre : Le Jeu de l’amour et du hasard1312965-Pierre_de_Marivaux_Le_Jeu_de_lamour_et_du_hasard

Auteur : Marivaux

Édition : Larousse

Collection : petits classiques

Date de parution : 9 février 2011

Nombres de pages : 144 pages

Genre : Comédie pièce de théâtre

Prix : 3 Euros

Où l’acheter : Amazon/Fnac/Librairie…

 

Résumé :

« Suis-je aimé(e) pour moi-même ?  » C’est à une question que veulent répondre les personnages du Jeu de l’amour et du hasard. La comédie que donne Marivaux en 1730 suit un étrange schéma, où maîtres et serviteurs ont échangé leurs rôles pour pouvoir mieux s’observer. Mais les amoureux, Dorante et Silvia, déguisés en domestiques, se font prendre à leur propre jeu. Le spectateur, complice des manipulations, assiste alors à tous les troubles possibles du cœur, du langage et de l’identité.

Mon avis :

Comme vous avez pu le voir l’article du jour est cette pièce de théâtre de Marivaux. Ce n’est pas un livre que je lirai en dehors du cursus scolaire. Eh oui comme beaucoup d’entre nous, nous devions l’acheter pour la matière de Français afin de l’étudier plus en détail. Une lecture donc longue quand on n’est pas tellement inspiré de l’histoire qui se joue entre Dorante et Silvia.

Afficher l'image d'origineL’histoire débute avec Silvia qui apprend qu’elle va devoir se marier avec un homme dont elle ne connaît rien de sa personnalité et de son savoir-vivre ! Mais selon vous, peut-on épouser un inconnu ? Ce n’est pas l’avis de Silvia, promise à un certain Dorante qu’elle n’a jamais vu. Avant d’accepter ce mariage, elle décide donc de tester son prétendant sans se faire connaître. Elle prendra l’identité de sa servante Lisette, pendant que celle-ci se fera passer pour Silvia. Mais sans le savoir Dorante a lui aussi échangé les rôles avec son serviteur.

La narration de l’histoire est dirigée par les différents acteurs de la pièce, il n’y a donc pas de point de vue spécial. L’histoire nous est racontée sous forme de réplique, de monologue, de tirade et de stichomythie contenue dans trois actes allant jusqu’à plus de 9 scènes. Il n’y a pas de paragraphe descriptif, mais uniquement des répliques et parfois en écriture italique (qu’on appelle les didascalies) se sont souvent un aparté pour signifier que la personne parle seule sans que les autres entendent.

Le rythme de la pièce est légers et fluide. Il est toutefois difficile de comprendre certains mots tels que : « essuyer les brutalités » voulant dire subir les grossièretés ou bien « appas » voulant définir le mot charme. Ils utilisent le langage soutenu le plus souvent. C’est une pièce moderne et à la fois classique, car on retrouve une idylle entre deux jeunes personnes.

Le style de Marivaux est galant, précieux et raffiné. Le rebondissement naît sur la spontanéité des dialogues. En dépit du titre, la pièce laisse peu de place au hasard, car il est à l’origine des actions, il n’y a donc pas de coïncidence ! J’ai apprécié l’humour d’Arlequin et la plume de Marivaux. Le premier acte est centré sur les présentations, l’accord de monsieur Orgon à sa fille et celui du stratagème de Dorante. Le deuxième acte quant à lui  met en avant le temps des déclarations et des contrariétés, pour finir vers un troisième acte sur l’épreuve de vérité.

Extrait

« DORANTE – Vous êtes sensible à son amour; je l’ai vu par l’extrême envie que vous aviez tantôt que je m’en allasse ; ainsi vous ne sauriez m’aimer. »

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En ce qui concerne les personnages, il y a Silvia à laquelle son caractère m’a beaucoup plu. Loin de se soumettre au mariage qui lui est imposé par son père Monsieur Orgon (père soucieux pour sa fille et qui n’est pas autoritaire), elle n’hésite pas à se rebeller, brisant ainsi les idées que l’on peut avoir sur les femmes de l’époque. Car le droit de la femme n’existait pas encore en 1730. Elle a été seulement votée en 1791. Leurs réactions dépendent de leur milieu social, car celui-ci reste assez flou :  » homme de condition », « rang »,  » fortune ». Ces expressions ne permettent pas de préciser s’il s’agit de la bourgeoisie ou bien de la noblesse, mais elle montre l’aisance financière à laquelle ils sont rattachés. Dorante est un jeune homme sage qui prend le mariage au sérieux. Il éprouve une sensation d’humiliation à la condition de valet lors de l’échange de rôle avec Arlequin son domestique. Quant à Mario le frère de Silvia, au courant de l’histoire prétend la main de sa sœur pour rendre jaloux Dorante. Lisette la domestique de Silvia est sa confidente et sa coiffeuse, elle est le personnage le plus complexe par rapport à Arlequin, car les assiduités d’Arlequin qu’elle prend pour Dorante lui laissent entrevoir la possibilité de sortie de sa condition vers la fortune ! Pour finir Arlequin, son langage populaire, son impertinence et ces manières directes, s’intéressent à Silvia qui n’est qu’autre que Lisette déguisé, afin d’espérer de s’élever de sa condition de subalterne en épousant comme il pense le croire la fille de monsieur Orgon et vivre une fois marié paisiblement.

En ce qui concerne le visuel du livre, je l’ai trouvé bien plus attirant que les anciennes éditions, ce qui m’a permis d’ouvrir le livre, même si c’était un choix imposé par mon collège à cette époque.

En bref, J’ai apprécié l’intrigue et le dénouement, mais ce n’est pas un livre que je conseillerai, car ce n’est pas mon genre de lecture actuelle. Toutefois, je le conseille à ceux qui aiment le genre de comédie classique !

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petit tour du côté de Marivaux :

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« Né à Paris, habitué des plus célèbres salons, Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux fut à la fois romancier, moraliste et auteur comique. Après avoir commis une tragédie d’Annibal, il travailla pour la Comédie italienne où il donna d’abord des pièces satiriques. Sou vrai début date d’Arlequin poli par l’amour (1720), suivi bientôt de ses chefs-d’œuvre : la Surprise de l’amour (1722), la Double Inconstance (1723), la seconde Surprise de l’amour (1727), le Jeu de l’amour et du hasard (1730), le Legs (1736), les Fausses Confidences (1737), l’Épreuve (1740).  

Marivaux devina que l’amour pouvait ne pas être tragique, et intéresser, sans tomber dans la fade galanterie. Avec une étonnante sûreté dans le choix du moment psychologique, il peignit les troubles de l’amour naissant dans des cœurs timides, ombrageux ou fiers. Il disait lui-même : « J’ai guetté dans le cœur humain toutes les niches différentes où peut se cacher l’amour lorsqu’il craint de se montrer ; et chacune de mes comédies a pour objet de le faire sortir d’une de ces niches. » « 

 


Et vous ?

Avez-vous envie de lire cette pièce de théâtre ? Qu’en avez-vous pensé ? N’hésitez pas à parler de tout ça dans les commentaires !

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