[Culture] Les chefs-d’œuvre inconnus du musée du Louvre

 

Quand on parle des chefs-d’œuvre du Louvre, on pense immédiatement à La Joconde de Léonard de Vinci, ou encore à la Liberté guidant le peuple d’Eugène Delacroix. Mais le musée regorge de trésors méconnus et tout aussi fantastiques que ces œuvres phares.

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Le roi Aménophis IV-Akhenaton, 1350 av. J.-C. © 2006 Musée du Louvre / Christian Décamps
Le roi Aménophis IV-Akhenaton, 1350 av. J.-C.
© 2006 Musée du Louvre / Christian Décamps

Le colosse d’Akhenaton : histoire d’un sauvetage

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Je suis consciente qu’avec son visage particulier aux traits exagérés, cette statue ne plaira pas à tout le monde (on peut le dire, il y a un petit air des frères Bogdanov). Malgré tout, l’art sous Akhenaton est un peu un ovni dans l’art égyptien : ce style très allongé et anguleux ne se retrouve jamais ni avant, ni après son règne.

Mais ce qui en fait une œuvre exceptionnelle, c’est qu’il s’agit du seul et unique colosse d’Akhenaton visible hors de l’Egypte. Il fut offert en cadeau à la France après une mission visant à sauver certains temples : la construction d’un barrage menaçait d’engloutir de nombreux vestiges archéologiques. Le gouvernement égyptien fait alors appel à l’UNESCO, qui démantèle les temples menacés pour les reconstruire plus loin ! (Oui, vous avez bien compris, les temples ont été démontés et remontés comme des meubles Ikea…)

En remerciement, l’Egypte propose d’offrir à chacun des pays ayant apporté leur aide un temple. La France refuse cependant ce cadeau, puisque personne ne savait où installer l’édifice, et propose plutôt qu’un colosse d’Akhenaton rejoigne les collections du Louvre.

Vous croiserez son regard dans l’aile Sully, au premier étage, salle 25.

© Osvaldo Gago
© Osvaldo Gago

D’autres pays européens acceptent les temples offerts en cadeau, et c’est pourquoi il est aujourd’hui possible de voir un temple datant du IIème siècle av. J.-C. dédié au dieu Amon (un dieu égyptien) en plein coeur de Madrid !

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Gregor Erhart, Sainte Marie Madeleine, v. 1515 – 1520, bois © 2011 Musée du Louvre / Thierry Ollivier
Gregor Erhart, Sainte Marie Madeleine, v. 1515 – 1520, bois
© 2011 Musée du Louvre / Thierry Ollivier

La Sainte Marie Madeleine : à la frontière entre le Moyen Âge et la Renaissance

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Le Moyen Âge n’est pas ma période fétiche, je l’admets, pourtant c’est bien une sculpture qui date de cette époque que je vous présente en premier (bon, j’avoue, on est tout de même très proche de la Renaissance). Cette œuvre est conservée dans une salle dans laquelle je suis tombée par hasard, et que je n’ai jamais retrouvée ensuite. On se perd vite dans les dédales de couloirs du musée !

La Sainte Marie Madeleine mesure une taille humaine, ce qui rend ses traits fins et ses formes délicates encore plus frappantes. Elle dégage une aura très paisible, qui insiste sur sa sainteté : l’artiste fait preuve d’une grande virtuosité.

Cette sculpture porte une attention particulière, presque anatomique, au corps humain : on sent que la Renaissance (déjà débutée en Italie), se diffuse en Europe. La tradition de ces sculptures en bois date cependant du Moyen Âge.

Si vous voulez découvrir cette petite merveille, vous la trouverez dans l’aile Denon, au niveau de l’entresol, salle C.

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François Biard, Magdalena-Bay, vue prise de la presqu’île des tombeaux, au nord du Spitzberg ; effet d’aurore boréale, 1840, huile sur toile © Musée du Louvre/A. Dequier - M. Bard
François Biard, Magdalena-Bay, vue prise de la presqu’île des tombeaux, au nord du Spitzberg ; effet d’aurore boréale, 1840, huile sur toile
© Musée du Louvre/A. Dequier – M. Bard

Magdalena-Bay : une fenêtre sur le grand nord

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Vous ne vous attendiez pas en visitant un tel musée à faire face à tant de dépaysement pas vrai ? Le paysage atypique de cette toile contraste véritablement avec les autres œuvres présentées dans le musée.

Je vous avais déjà parlé du romantisme en parlant de Turner : nous voici en plein milieu de ce courant ! Cette toile illustre les explorations de l’Arctique au XIXème siècle, en mettant l’emphase sur les phénomènes naturels époustouflants que l’on peut constater dans ces latitudes. Les aventuriers semblent si petits, et surtout fragiles par rapport à la nature dans toute sa puissance. Le peintre sait rendre par ses coups de pinceau le froid glacial et l’hostilité de ces territoires ; mais aussi toute leur beauté, à travers les aurores boréales dans le ciel.

Et si François Biard sait si bien peindre ce paysage, c’est parce qu’il a lui-même participé à une expédition en Arctique, en 1839. Il saisit donc parfaitement l’agonie des aventuriers entourés par la glace.

Par ailleurs, même si l’artiste est aujourd’hui un peu oublié et sa toile reléguée à une salle peu visitée, il rencontra un vif succès au XIXème siècle ! Ses sublimes paysages qui allient beauté et mort sont très populaires alors qu’il rentre de son expédition et révèle ses observations au grand public.

Pour trouver cette toile, c’est toute une aventure : elle est exposée dans l’aile Sully, au deuxième étage, salle 66.

C’est tout ce que j’avais à vous proposer, j’espère cependant que cette petite liste (bien loin d’être exhaustive !) vous donnera envie de sortir des sentiers battus et d’explorer un peu plus ce grand, que dis-je, cet immense musée. Osez vous perdre dans ses couloirs sans fin, parce qu’au détour d’une salle vide de touristes, vous découvrirez peut-être votre prochaine œuvre favorite ! Les trésors amoncelés au Louvre sont nombreux, et bien des découvertes vous attendent dans ce lieu plein de surprises.


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